L'origine de ce plat traditionnel remonte au Moyen Age : lors des jours maussades et froids, quelques vignerons travaillaient dans les montagnes du Reb. Comme à l'accoutumée, ils prenaient, en s'asseyant autour du feu, un en-cas fortifiant : du pain, du fromage et du vin en guise de déjeuner.
L'un d'entre eux, Léon, eut envie d'un repas chaud. Comme il n'avait pas d'ustensiles de cuisine avec lui, il eut l'idée de faire cuire son fromage directement sur le feu. C'est ainsi que le fromage rôti fût inventé (illustré, Nr. 17, 25.4.1946).
Le nom de la Raclette vient du verbe français "racler". La manière particulière de manger ce fromage de Suisse est très ancienne. Le nom lui-même date de 1909 lors de l'Exposition Cantonale valaisanne. Le poète valaisan Perollaz fut la première personne à nommer Raclette
ce plat de fête helvétique
en faisant référence à son mode de préparation.
La légende raconte que les vachers fromagers reprenaient leurs forces grâce à une bonne raclette : leur vie dans les Alpes n'était pas facile à cause du froid, et des fantômes dit-on. Il est raconté qu'un jour le vacher fromager Melchior faisait griller sur son feu de camps un morceau de fromage. Soudain, la porte fut ouverte par un cochon à la tête répugnante.
Quand ce monstre vit comment le vacher faisait fondre son raclette et à quel point ces morceaux de fromage fondu sentaient bons accompagnés d'autres ingrédients de son assiette, il posa ses pattes dans le feu et demanda au vacher de goûter. Ce dernier répondit à son hôte non convié : je mange le mien et tu manges le tien. Furieux, la bête fut aspirée dans les airs et une nuée d'anges descendit
dans la fumée de la cheminée. Et oui, la vie de vacher n'aurait pas été drôle, s'il n'avait pas de temps à autres pu prendre du plaisir avec une bonne raclette.